La remise des clés

La remise des clés

Il y a quelques mois, je suis tombé sur une annonce pour un appartement à Nantes. Le loyer était étonnamment raisonnable pour le quartier et, au vu des photos, le logement correspondait exactement à ce que je cherchais.

Le problème, c’est que je me trouvais à plusieurs centaines de kilomètres et que je ne pouvais pas me déplacer pour le visiter.

J’ai donc contacté l’agence qui gérait la location.

C’est ainsi que j’ai fait la connaissance de Clara.

Au départ, nos échanges étaient parfaitement professionnels : dossier, justificatifs, conditions du bail, équipements de l’appartement… Clara répondait rapidement à toutes mes questions et m’avait même organisé une visite en vidéo.

Mais les appels ont commencé à durer plus longtemps que nécessaire.

Clara avait une voix douce et chaleureuse, ponctuée d’un petit rire qui me plaisait particulièrement. Une plaisanterie en entraînait une autre. Nous avons commencé à parler de nos vies, de nos sorties, de nos relations.

Puis sont venus les sous-entendus.

Au début, ils étaient suffisamment discrets pour que chacun puisse prétendre avoir mal compris.

Quelques jours plus tard, il n’y avait plus aucune ambiguïté.

Certaines de nos conversations étaient devenues franchement coquines.

Le plus troublant était que nous ne nous étions encore jamais rencontrés.

Je ne connaissais Clara qu’à travers sa voix et quelques photos très professionnelles figurant dans sa signature de mail. Cela me laissait beaucoup de liberté pour l’imaginer autrement.

Lorsque mon dossier fut accepté, nous avons organisé à distance la signature du bail. Il ne me restait plus qu’à retrouver Clara lors de mon arrivée à Nantes pour effectuer l’état des lieux et récupérer les clés.

Rendez-vous fut pris à 17 h 30.

Lorsque j’arrivai devant mon nouvel appartement, la porte était entrouverte.

Je frappai légèrement.

— Clara ?

Une femme apparut.

Et je compris immédiatement que mon imagination ne lui avait pas rendu justice.

Elle devait avoir une trentaine d’années. Brune, les cheveux châtains assez longs, mince, élégante, avec ce mélange assez troublant de sérieux et de sensualité.

Elle portait une chemise blanche légèrement transparente, suffisamment pour deviner son soutien-gorge en dessous, et une jupe droite gris anthracite.

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Elle me regarda quelques secondes avant de sourire.

— Antoine ?

— Clara ?

Son sourire s’élargit.

— Enfin.

Ce simple mot suffit à faire remonter toute la tension accumulée pendant nos conversations.

Pourtant, Clara reprit immédiatement son rôle d’agente immobilière.

— Bon… Je te fais visiter chez toi ?

— Je te suis.

Elle me montra les différentes pièces, releva les compteurs, vérifia avec moi l’état des murs, des fenêtres et des équipements.

J’avoue que je n’écoutais pas toujours.

Je regardais surtout Clara marcher devant moi.

Nous avons terminé dans le salon pour signer l’état des lieux.

À force de parler de chauffage, de relevés et de clés, nous étions presque redevenus deux parfaits inconnus.

Presque.

Clara referma finalement son dossier.

— Voilà. Cette fois, tu es officiellement chez toi.

— Donc ton travail est terminé ?

— Absolument.

Elle ne se leva pourtant pas.

Un silence s’installa.

Clara passa une main dans ses cheveux et les ramena sur son épaule, découvrant complètement son cou.

C’est là que je remarquai un petit grain de beauté brun juste en dessous de son oreille.

Je restai quelques secondes à le regarder.

Elle s’en aperçut.

— Qu’est-ce qu’il y a ?

— Rien.

— Antoine… tu me fixes.

Nos regards se croisèrent.

Cette fois, aucun de nous ne souriait.

Je me rapprochai.

Elle ne bougea pas.

Je l’embrassai.

Clara resta immobile une fraction de seconde, manifestement surprise que je prenne enfin l’initiative.

Puis ses bras entourèrent mon cou.

Et tout ce que nous avions retenu pendant des semaines sembla exploser d’un seul coup.

Nos baisers devinrent plus profonds.

Je sentais son corps pressé contre le mien. Mes mains descendirent dans son dos, entourèrent sa taille puis remontèrent lentement.

Clara commença à ouvrir ma chemise.

Je fis la même chose avec la sienne.

Un bouton.

Puis un deuxième.

Un troisième.

Sa poitrine apparaissait progressivement sous la dentelle noire de son soutien-gorge.

Je descendis mes lèvres dans son cou.

Puis plus bas.

Mes mains découvrirent ses seins, ronds et fermes, plus généreux que sa silhouette ne le laissait imaginer.

Je commençai à embrasser leur courbe avant de m’attarder sur ses tétons déjà durcis par l’excitation.

Clara ferma les yeux.

Ses doigts s'agrippèrent à mes épaules.

— Depuis le temps que j’imaginais ça…

Cette phrase acheva de faire disparaître toute retenue.

Je fis glisser la fermeture de sa jupe.

Elle tomba le long de ses jambes.

Clara se retrouva devant moi en lingerie, bas et talons.

Elle était infiniment plus troublante encore que tout ce que j’avais imaginé au téléphone.

À son tour, elle entreprit de me déshabiller.

Elle ouvrit mon pantalon lentement, sans quitter mon regard.

Lorsque mon boxer tomba à son tour, ses yeux descendirent immédiatement sur ma bite.

Je n’ai jamais prétendu avoir un sexe gigantesque. Je suis plutôt dans la moyenne.

Mais son expression me rassura largement.

Un sourire se dessina sur ses lèvres tandis qu’elle s’approchait de moi.

— Depuis le temps que je me demandais…

— Tu te demandais quoi exactement ?

Elle releva les yeux.

— Si nos conversations étaient uniquement des conversations.

Ses doigts parcoururent lentement mon torse avant de descendre sur mon ventre.

Je lui pris la main.

— Il reste une pièce que tu dois me montrer.

— Laquelle ?

— La chambre.

Elle éclata de rire.

— L’état des lieux est terminé.

— Alors ce n’est plus professionnel.

Cette fois, ce fut elle qui m’entraîna vers la chambre.

Clara retira ses chaussures au pied du lit.

Nous nous retrouvâmes enfin complètement nus l’un devant l’autre.

Elle s’approcha et m’embrassa de nouveau.

Il n’y avait désormais plus rien de professionnel dans sa manière de me toucher.

Nous nous allongeâmes sur le lit et Clara vint au-dessus de moi.

Ses cheveux retombaient autour de son visage tandis que mes mains parcouraient ses hanches, son dos et ses seins.

Ce qui avait commencé quelques semaines auparavant comme un simple jeu de séduction téléphonique devenait enfin réel.

Et Clara se révéla beaucoup plus passionnée que ne le laissait imaginer son apparence sage d’agente immobilière.

Elle aimait prendre les initiatives.

Imposer son rythme.

Observer mes réactions.

Puis me laisser reprendre le contrôle.

Nos corps se découvrirent sans précipitation avant que le désir ne prenne définitivement le dessus.

Je retrouvai sa poitrine avec mes lèvres. Ses mains s’enfonçaient dans mes cheveux tandis qu’elle ondulait contre moi.

Sa respiration s'accéléra progressivement.

Les caresses laissèrent bientôt place à quelque chose de beaucoup plus intense.

Clara prit les commandes, me chevauchant avec une énergie qui contrastait délicieusement avec la femme si professionnelle qui m’avait accueilli une heure auparavant.

Je gardais mes mains sur ses hanches tandis qu’elle imposait son rythme.

Elle se cambrait, se penchait vers moi pour m’embrasser puis se redressait, les yeux fermés.

Ses seins bougeaient au rythme de son corps.

Plus son plaisir montait, plus toute retenue disparaissait.

Ses mouvements devinrent irréguliers.

Sa respiration se transforma en gémissements.

Puis elle se crispa soudain contre moi.

Elle resta quelques instants immobile, les yeux fermés, avant de retomber contre mon torse.

Je l’embrassai dans le cou.

Nous aurions pu nous arrêter là.

Mais Clara recommença presque immédiatement à m’embrasser.

Je compris que notre première visite de l’appartement était loin d’être terminée.

Cette fois, je pris davantage les commandes.

Je la fis doucement se retourner.

Clara se retrouva à quatre pattes sur le lit.

Mes mains parcoururent son dos avant de descendre jusqu’à ses hanches et à ses fesses.

Elle tourna la tête vers moi.

Son sourire ressemblait presque à un défi.

La suite fut plus intense.

Plus instinctive aussi.

La retenue des premières minutes avait complètement disparu. Clara aimait être saisie par les hanches, sentir mes mains parcourir ses fesses et me provoquer lorsqu’elle sentait que j’hésitais.

Je me penchai sur elle pour embrasser son épaule.

Puis son cou.

Et je retrouvai ce petit grain de beauté qui avait attiré mon regard dans le salon.

Je l’embrassai doucement.

Mes mains redescendirent sur ses fesses.

Puis l’une d’elles s’aventura entre elles.

Clara tourna la tête.

Nos regards se croisèrent.

Je ralentis.

Elle me répondit simplement par ce même sourire provocateur.

Je continuai donc à explorer son corps, très progressivement, attentif à chacune de ses réactions.

— Doucement…

Je ralentis encore.

Quelques secondes plus tard, elle se cambra davantage.

— Continue.

Ce fut probablement le moment le plus troublant de toute cette fin d’après-midi.

Cette confiance soudaine entre deux personnes qui, quelques heures auparavant, ne s’étaient encore jamais rencontrées.

Clara me guida elle-même vers ce qu’elle désirait.

Je pris mon temps.

La douceur du début céda progressivement à quelque chose de plus intense, tandis qu’elle se mordait les lèvres pour étouffer ses gémissements.

Son plaisir me faisait perdre le contrôle du mien.

Lorsque je sentis que je ne tiendrais plus très longtemps, je ralentis puis me retirai.

Quelques instants plus tard, je jouissais sur ses fesses.

Clara resta immobile quelques secondes avant de se retourner vers moi.

Elle regarda autour d’elle.

Puis elle éclata de rire.

— Eh bien… je crois que c’est l’état des lieux le plus long que j’aie jamais fait.

Je m’allongeai à côté d’elle.

— Tu es toujours aussi consciencieuse avec tes locataires ?

Elle me donna une petite tape sur le torse.

— Certainement pas.

Nous sommes restés encore un moment nus sur le lit.

La situation me paraissait presque irréelle.

Quelques semaines auparavant, Clara n’était qu’une voix au téléphone.

Maintenant, elle était allongée à côté de moi dans mon nouvel appartement.

Finalement, elle se leva.

Je la regardai remettre ses bas, sa jupe puis reboutonner soigneusement sa chemise.

En quelques minutes, Clara retrouvait l’apparence parfaitement sage et professionnelle de la femme qui m’avait ouvert la porte.

Elle récupéra son dossier dans le salon.

Puis elle déposa le trousseau de clés dans ma main.

— Voilà. Bienvenue chez toi.

Je refermai mes doigts autour des clés.

— Ça veut dire que je n’ai plus aucune raison de rappeler l’agence ?

Clara s’approcha.

Elle m’embrassa une dernière fois.

— Un locataire peut toujours avoir un problème dans son appartement.

— Une fuite, par exemple ?

Elle se mit à rire.

— Évite quand même de provoquer un dégât des eaux juste pour me revoir.

Elle ouvrit la porte.

Puis se retourna.

— Et puis…

— Oui ?

Elle me lança ce petit sourire que je commençais à bien connaître.

— Il reste peut-être encore quelques pièces à inspecter.

La porte se referma.

Je regardai les clés dans ma main.

Je venais officiellement de prendre possession de mon nouvel appartement.

Et je savais déjà quelle pièce resterait associée à ma toute première visite.

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